« La controverse est une réalité permanente en histoire »

 

Dans la continuité du séminaire doctoral sur la controverse en histoire débuté le 31 octobre dernier, Daniel Abwa, professeur titulaire des universités, historien et directeur des affaires académiques et de la coopération à l’université de Yaoundé 1 a entretenu les étudiants chercheurs du département d’histoire de l’université de Dschang le 12 novembre dernier. Il en ressort que la controverse est une réalité permanente en histoire.

Pr Daniel Abwa et Dr Kouosseu Jules pendant le séminaire. Crédit image: Ulrich Tadajeu.
Le professeur Daniel Abwa et le docteur Jules Kouosseu pendant le séminaire. Crédit image : Ulrich Tadajeu.

A ce sujet, le professeur Daniel Abwa a présenté la controverse en histoire comme une évidence parce que l’interprétation du fait historique est fonction des sources utilisées et du contexte dans lequel se situe celui qui écrit l’histoire. Les historiens doivent donc se battre pour avoir plusieurs sources vérifiables et crédibles afin d’obtenir les faits.  Mais l’interprétation de ces faits varie le plus souvent en fonction des intérêts et des approches des uns et des autres. Il a, à ce propos, évoqué la controverse qui l’a opposé à Abel Eyinga au sujet du déclenchement de la guerre d’indépendance du Cameroun. Allant dans ce sens, il a également évoqué la controverse qui a opposé les professeurs Verjika Fanso et Victor Julius Ngoh au sujet de l’action de John Ngu Foncha dans le processus de réunification des deux Cameroun.

De toute évidence, l’histoire est une science humaine dont l’objet d’étude est l’homme. Or l’homme est « ondoyant et divers » comme l’entendait Montaigne. En ce sens, « aucune vérité sur l’homme n’est souveraine ». L’historien ne doit pas, selon Daniel Abwa, avoir peur de la controverse.  Bien au contraire, il doit se servir de cette controverse pour bâtir un argumentaire  pertinent. L’historien camerounais a proposé aux jeunes chercheurs du département d’histoire de l’université de Dschang une démarche à suivre pour prendre avantage de la controverse.

Le chercheur doit mentionner l’existence de la controverse en présentant les différents arguments exposés. Ensuite, partir de ces arguments et en fonction des sources obtenues sur le terrain pour présenter son point de vue. Ce dernier doit être justifiable, car « l’historien n’affirme rien sans l’avoir passé au crible de la critique ».

Photo de famille du Pr Daniel Abwa avec les enseignants et les étudiants du département d'Histoire. Crédit image: Ulrich Tadajeu
Photo de famille du professeur Daniel Abwa avec les enseignants et les étudiants du département d’histoire. Crédit image : Ulrich Tadajeu

La controverse donne de ce fait sens à l’Histoire en ceci qu’elle défait la pensée unique pour introduire le débat contradictoire. Mais, comme il a été dit lors de ce séminaire, la controverse est une contradiction scientifique qui s’appuie sur des sources vérifiables et non des imaginations éphémères fruits des méditations illuminées.

Après cette leçon introductive, quelques étudiants chercheurs du département d’histoire ont présenté leurs projets de recherche ainsi que l’état d’avancement de leurs travaux avec la modération du docteur Kouosseu Jules, chargé de cours au sein du département et représentant du chef de département.

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Ulrich Tadajeu
Ulrich Tadajeu Kenfack prépare une thèse de Doctorat en Histoire Politique à l'Université de Dschang, au Cameroun. Ses domaines de recherche portent sur les comportements politiques, les luttes nationalistes, la reconstruction politique après les épreuves de terreur, la communication politique et le web 2.0. Il est également Community Manager dans une institution universitaire d'enseignement et de recherche.

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