Où sont les femmes ?

crédit image: jewanda-magazine.com
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J’ai assisté il y a quelques jours à l’installation des délégués et représentants d’étudiants de mon université, l’université de Dschang. Plus de 70 personnes ont été installées. Présidents de club, délégués de niveau, délégués de filière, délégués des facultés. J’ai observé la cérémonie qui était présidée par le recteur de l’université, le professeur Anclet Fomethe. J’étais très attentif lorsque le responsable des activités culturelles lisait la décision constatant l’élection de ces délégués. A la faculté des lettres et sciences humaines (FLSH) par exemple, sur 41 délégués, l’on ne compte qu’une fille. Au bureau de l’Association des étudiants de la même faculté, sur 7 membres, il n’y a qu’une fille. Dans les autres facultés, il y a des bureaux où l’on ne trouve même pas une fille. Aucune fille n’est donc déléguée générale de faculté à l’université de Dschang. Du côté des clubs culturels, l’université de Dschang en compte 27. Sur 27 présidents élus, 2 sont des filles. Une dans un club de femmes, à savoir le club majorette, et l’autre dans le tout nouveau Club éducation civique et intégration nationale (CECIN).

Après des minutes d’écoute et ayant pris connaissance de ces faits, je me suis posé la question : mais où sont les femmes ? Parce que sur les 27 présidents de club, on comptait à 2 femmes. Je me suis demandé : mais que font-elles ? Comment est-ce possible que les femmes revendiquent leurs droits alors qu’elles refusent de prendre les responsabilités ? Je parle bien de « refuser » parce que j’ai assisté aux élections qui ont conduit à la désignation de ces représentants. Malgré la volonté de certains garçons d’accompagner des filles, elles étaient toujours réticentes. Mais si les femmes ne veulent pas se responsabiliser, si elles ne veulent pas prendre le pouvoir, personne ne viendra le faire à leur place. Personne ne leur donnera. Je côtoie les femmes au quotidien. C’est vrai qu’il y a plusieurs sur qui on doit et peut compter de par leur dynamisme. Mais elles sont encore minoritaires. Et à la différence de ce que certains pensent, beaucoup de jeunes filles sont encore victimes des préjugés de nos sociétés et se mettent en retrait en se servant des justifications sans tête ni queue. Je suis désolé d’être dur avec les femmes cette fois. Mais je me rends compte que c’est important et urgent. Nombreux sont ceux qui ont encore des grilles de lectures machistes. Ces derniers passent le temps à justifier cet état de choses par la domination de l’homme. Ce qui n’est pas toujours vérifié. Parfois ce sont les femmes elles-mêmes qui se marginalisent.

Je les invite à s’auto-questionner. Où sommes-nous ? Que faisons-nous par rapport à nos droits ? Que faisons-nous pour nous mettre en avant et participer à la vie universelle, à la prise des décisions ? Que faisons-nous de l’héritage de nos mères qui se sont battues pour que les droits de la femme soient admis ? Bref, qu’avons-nous fait de ce que nous avons reçu en héritage ? De ce questionnement jaillira une réponse révolutionnaire qui permettra aux femmes de participer à la vie collective. Sinon, peut-être qu’elles veulent toujours être le « sexe faible » ? Du moins, c’est ce que les faits observés cette semaine peuvent laisser croire. En fin de compte, la question demeure : où sont les femmes ? Au lieu de fêter le 8 mars, elles doivent peut-être conquérir les postes de leadership.

NB : La réalité que je décris est spécifique à l’environnement qui est présenté dans ce texte. Il n’est pas général. J’ai juste fait une observation sur les leaders estudiantins de mon université.

 

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Ulrich Tadajeu
Ulrich Tadajeu Kenfack prépare une thèse de Doctorat en Histoire Politique à l'Université de Dschang, au Cameroun. Ses domaines de recherche portent sur les comportements politiques, les luttes nationalistes, la reconstruction politique après les épreuves de terreur, la communication politique et le web 2.0. Il est également Community Manager dans une institution universitaire d'enseignement et de recherche.

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