L’air m’a baptisé

Le monde vu de la fenêtre d'avion. Crédit image: Ulrich Tadajeu
Le monde vu de la fenêtre d’avion. Crédit image: Ulrich Tadajeu

Je suis à Abidjan depuis hier. Bien sûr, je n’y suis pas arrivé par route. J’ai pris le vol. Ouf ! Enfin, je prends le vol. Enfin, j’entre dans l’avion après toutes les procédures qu’on fait à l’aéroport, on monte, on descend…Je suis sorti de mon Cameroun natal pour un ailleurs, un autre pays situé en Afrique de l’Ouest : « Le pays des éléphants ». Malgré les ressemblances avec Douala, Yaoundé ou encore Kribi, j’y décèle déjà quelques différences. J’y reviendrai. J’ai pu contempler le monde vu de l’air, vu de l’infini. C’est la chose marquante de mon baptême de l’air. Découvrir le monde, les villes à partir du haut. Voir la totalité, la globalité à l’infini. Jusque-là, je l’avais fait à partir de la terre. C’est-à-dire de façon rapprochée et particulière. J’ai pu me rendre compte à quel point le monde est non seulement infini, intéressant, mais que l’homme est une mouche dans cet infini. 

En fait, tout ce que l’homme invente pour dompter la nature et le monde, c’est par complexe. Il veut juste montrer qu’il peut faire quelque chose. Généralement, je me dis qu’après les nuages, il n’y a plus rien. Parfois, je confonds les nuages et le ciel. C’est vrai que la géographie aurait dû résoudre le problème. Mais faire l’expérience de cette différence a mieux résolu l’équation que la géographie. Je me suis dit que, mais il ne faut pas qu’à des milliers de kilomètres de la terre, quelque chose se passe. Bref, parfois on est inquiet. Parfois, on est ébahi. On se demande, mais comment l’homme a pu imaginer ça ? Comment a-t-il imaginé qu’il pouvait dompter les airs à travers cet appareil qu’est l’avion ? Comment ? Comment… Comment ces hommes et femmes quittent de chez elles (eux) et viennent travailler à des lieux inconnus ? Je parle des hôtesses et des hôtes. Elles (ils) font un travail courageux et énorme.

De toutes les façons, l’avion c’est l’avion. Comme je le disais en quittant le pays, il reste un moyen de locomotion de prestige parce qu’il transporte les gens sur des distances très longues, parce qu’il coûte cher. Mais surtout, c’est mon point de vue, parce qu’il est différent. Que ce soit côté propreté, côté service des hôtes et hôtesses et côté ponctualité. L’avion est propre, pas de saleté. Les hôtes et les hôtesses sont accueillants, serviables, disponibles et toujours souriants. L’avion quitte à l’heure qui est prévue sur le billet peu importe s’il est plein ou pas. Dans notre itinéraire par exemple, arrivés à Lagos au Nigeria, plusieurs passagers sont descendus et nous avons continué le vol à destination d’Abidjan moins de la moitié de l’avion. Ce sont des indices de grandeur. C’est dans cette grandeur-là qu’on appelle avion, cet engin capable de me propulser tellement haut et de me faire redescendre tellement bas que j’ai été baptisé en venant à Abidjan. L’avion m’a baptisé et c’était très intéressant.

NB: #MondoblogAbidjan c’est le hashtag sur Twitter qui permet de me traquer toute la semaine qui arrive.

 

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Ulrich Tadajeu
Ulrich Tadajeu Kenfack prépare une thèse de Doctorat en Histoire Politique à l'Université de Dschang, au Cameroun. Ses domaines de recherche portent sur les comportements politiques, les luttes nationalistes, la reconstruction politique après les épreuves de terreur, la communication politique et le web 2.0. Il est également Community Manager dans une institution universitaire d'enseignement et de recherche.

7 thoughts on “L’air m’a baptisé

  1. c’est toujours l’avion la que tu parles comme ca??? C’est seulement en Afrique (peut etre en Asie) que l’avion est encore un moyen de transport prestigieux (avec le refus de collaborer de nos dirigeant)

    L’avion est toujours a L’heure??? pas toujours, les conditions climatiques une condition parmi les autres dans plusieurs cas m’ont fais dormir dans des aéroports…

    jette un coup d’oeil sur http://www.flightradar24.com

    1. Je pense que l’avion est toujours plus prestigieux que l’autobus. Même en Asie ne prend pas l’avion qui veut mais bien qui peut. En clair même au Qatar, l’avion ne fait pas partie des moyens de transport en commun au sens du service social.

  2. Merci pour ton passage. Oui, au Cameroun, pour certains, c’est encore prestigieux. J’ai trouvé avec les trois vols que j’ai pris qu’il était à l’heure. Maintenant, les conditions climatiques effectivement ne dépendent pas de l’Homme. A la différence de certains moyens de transport qui sont toujours en retard pour des raisons liées à l’homme. C’est dans cette perspective que je me suis.

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